
Travaux, taxe foncière, impayés : tout est à la charge du locataire. Passez au bail commercial 3-6-9.
Voir les locaux commerciauxLe statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) est accessible aux non-résidents fiscaux français. L'imposition se fait au taux minimum de 20 % (30 % au-delà de 29 579 euros de revenus), avec des prélèvements sociaux de 7,5 % (UE/EEE/Suisse) ou 18,6 % (hors UE). Le régime réel permet souvent de réduire l'impôt à zéro grâce à l'amortissement du bien. Depuis 2026, la réforme du seuil LMP protège les expatriés salariés du basculement automatique.
Ce guide détaille la fiscalité du LMNP non résident en 2026 : taux d'imposition, prélèvements sociaux, régime réel vs micro-BIC, seuil LMP, démarches déclaratives et optimisations concrètes.
Le LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) est un statut fiscal qui s'applique aux propriétaires qui louent un logement meublé et dont les revenus locatifs meublés respectent certaines conditions. Ce statut est ouvert à toute personne physique, y compris les non-résidents fiscaux français.
Est considéré comme non-résident fiscal toute personne dont le domicile fiscal est situé hors de France au sens de l'article 4B du Code général des impôts. Concrètement, cela concerne :
Les expatriés français vivant et travaillant à l'étranger
Les non-résidents de nationalité étrangère propriétaires d'un bien en France
Les frontaliers résidant fiscalement dans un pays voisin
Le principe fondamental : les revenus tirés de la location d'un bien meublé situé en France sont imposables en France, quel que soit le pays de résidence du propriétaire. C'est le principe de territorialité de l'impôt, confirmé par la plupart des conventions fiscales bilatérales.
Les conditions sont identiques pour les résidents et les non-résidents :
Le logement doit être meublé conformément au décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 : lit, table, chaises, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, luminaires, rangements, rideaux ou volets, matériel d'entretien ménager
Les recettes locatives annuelles doivent rester sous le seuil de basculement en LMP (voir section dédiée)
L'activité de location meublée ne doit pas constituer l'activité professionnelle principale du propriétaire
C'est la différence majeure avec un résident français. Un résident est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (de 0 % à 45 % selon les tranches). Un non-résident est soumis à un taux minimum forfaitaire.
L'article 197A du Code général des impôts fixe les règles. Les revenus de source française perçus par un non-résident sont imposés au taux minimum de :
20 % jusqu'à 29 579 euros de revenus nets imposables (seuil 2026)
30 % au-delà de ce seuil
Ce taux s'applique au revenu net imposable, c'est-à-dire après déduction des charges (régime réel) ou application de l'abattement forfaitaire (micro-BIC). Ce n'est pas un taux appliqué sur le loyer brut.
Option du taux moyenSi vos revenus mondiaux sont modestes, vous pouvez opter pour le taux moyen. Il suffit de déclarer l'ensemble de vos revenus étrangers dans la déclaration 2042. L'administration fiscale calcule alors le taux moyen d'imposition qui aurait été appliqué à l'ensemble de vos revenus : si ce taux est inférieur à 20 %, c'est celui-ci qui s'applique. Cette option est particulièrement intéressante pour les expatriés dans des pays à faible coût de la vie.
En plus de l'impôt sur le revenu, les revenus locatifs sont soumis aux prélèvements sociaux. Le taux dépend de votre affiliation à un régime de sécurité sociale :
Situation du propriétaire | Taux de prélèvements sociaux | Détail |
Résident UE / EEE / Suisse | 7,5 % | Prélèvement de solidarité uniquement (pas de CSG/CRDS) |
Résident hors UE / EEE / Suisse | 18,6 % | CSG (9,2 %) + CRDS (0,5 %) + prélèvement de solidarité (7,5 %) |
Cette différence est significative. Pour un revenu locatif net imposable de 10 000 euros par an, un expatrié en Allemagne (UE) paiera 750 euros de prélèvements sociaux, contre 1 720 euros pour un expatrié à Dubaï (hors UE). Sur 10 ans, l'écart atteint 9 700 euros.
Le taux de 7,5 % pour les résidents UE/EEE/Suisse résulte de la jurisprudence européenne (arrêt de Ruyter, 2015) : les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale dans un État membre ne peuvent pas être assujetties à la CSG et à la CRDS, qui sont des cotisations sociales au sens du droit européen.
Les revenus de location meublée sont classés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux régimes fiscaux sont possibles.
Le régime micro-BIC s'applique automatiquement si vos recettes locatives annuelles ne dépassent pas 77 700 euros (seuil 2026 pour la location meublée classique). Il offre un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes brutes.
Exemple : vous percevez 12 000 euros de loyers annuels. Le revenu imposable est de 6 000 euros (12 000 x 50 %). Au taux minimum de 20 %, l'impôt est de 1 200 euros. Ajoutez les prélèvements sociaux (7,5 % si UE = 450 euros), et la charge fiscale totale est de 1 650 euros, soit 13,75 % des loyers bruts.
Le régime réel permet de déduire les charges réelles et surtout d'amortir le bien immobilier. C'est là que réside l'avantage décisif du LMNP pour les non-résidents.
Les charges déductibles comprennent :
Les intérêts d'emprunt (si financement bancaire)
La taxe foncière
Les frais de gestion locative (agence, comptable)
Les travaux d'entretien et de réparation
L'assurance propriétaire non occupant
Les frais de notaire (amortis sur la première année ou étalés)
L'amortissement du bien : sur 25 à 30 ans pour le bâti, 5 à 10 ans pour le mobilier
L'amortissement est la clé. Sur un bien acheté 200 000 euros (dont 150 000 euros de valeur du bâti), l'amortissement annuel représente environ 5 000 à 6 000 euros. Combiné aux autres charges déductibles, le revenu imposable est souvent ramené à zéro ou proche de zéro pendant les premières années.
Poste | Micro-BIC | Régime réel |
Loyers annuels bruts | 10 800 euros | 10 800 euros |
Abattement / charges déductibles | -5 400 euros (50 %) | -4 200 euros (charges) |
Amortissement du bien | - | -5 500 euros |
Revenu net imposable | 5 400 euros | 1 100 euros |
Impôt (20 %) | 1 080 euros | 220 euros |
Prélèvements sociaux (7,5 % UE) | 405 euros | 83 euros |
Total impôts + prélèvements | 1 485 euros | 303 euros |
Sur cet exemple (bien à 200 000 euros, loyer 900 euros/mois, expatrié UE), le régime réel fait économiser 1 182 euros par an, soit près de 80 % d'impôt en moins. Le coût d'un expert-comptable spécialisé (300 à 600 euros/an) est largement amorti.
La conclusion est nette : pour un LMNP non résident, le régime réel est quasi systématiquement plus avantageux que le micro-BIC. L'exception : si le bien est entièrement amorti (bien détenu depuis 25+ ans) et que les charges sont très faibles.
Le basculement du statut LMNP au statut LMP (Loueur en Meublé Professionnel) a des conséquences fiscales importantes : cotisations sociales (entre 35 et 45 % des bénéfices), imposition des plus-values professionnelles, et impact sur l'IFI.
Depuis la loi de finances 2020, un loueur en meublé est considéré comme professionnel (LMP) si les deux conditions suivantes sont remplies simultanément :
Les recettes locatives dépassent 23 000 euros par an
Les recettes locatives dépassent les autres revenus professionnels du foyer fiscal
Avant la loi de finances 2026, la deuxième condition posait un problème majeur aux expatriés. Les revenus d'activité professionnelle perçus à l'étranger n'étaient pas toujours pris en compte dans la comparaison. Résultat : un expatrié avec un salaire de 80 000 euros à l'étranger et 25 000 euros de loyers pouvait se retrouver en LMP, car seuls ses revenus de source française étaient considérés.
Depuis 2026, la règle est clarifiée : les revenus mondiaux du foyer fiscal sont pris en compte pour la comparaison avec les recettes locatives. Un expatrié salarié à l'étranger avec des revenus professionnels supérieurs à ses loyers reste en LMNP, même si ses recettes dépassent 23 000 euros.
Concrètement, cette réforme protège la grande majorité des expatriés investisseurs du basculement involontaire en LMP. Le risque subsiste uniquement pour les expatriés dont les revenus professionnels sont faibles (retraités à l'étranger, années sabbatiques) et dont les loyers dépassent 23 000 euros.
Les revenus locatifs d'un bien situé en France sont imposables en France. Mais qu'en est-il dans votre pays de résidence ?
La plupart des conventions fiscales bilatérales signées par la France prévoient que les revenus immobiliers sont imposables dans le pays de situation du bien (la France). Le pays de résidence doit alors éliminer la double imposition, selon l'une des deux méthodes prévues par la convention :
Méthode de l'exemption : le pays de résidence exonère les revenus déjà imposés en France (cas de l'Allemagne, de la Belgique)
Méthode du crédit d'impôt : le pays de résidence impose les revenus mais accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français (cas des États-Unis, du Royaume-Uni)
Certains pays n'ont pas de convention fiscale avec la France (Émirats arabes unis, par exemple, mais les EAU ne taxent pas les revenus des personnes physiques, donc la question ne se pose pas en pratique).
Point important : même si une convention fiscale élimine la double imposition, les prélèvements sociaux français restent dus. Ils ne sont pas couverts par les conventions fiscales.
Avant de percevoir les premiers loyers, vous devez déclarer le début de votre activité de location meublée auprès du guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Cette déclaration génère un numéro SIRET, indispensable pour les déclarations fiscales.
La démarche est entièrement réalisable en ligne depuis l'étranger. Vous devrez indiquer :
Votre identité et adresse à l'étranger
L'adresse du bien meublé en France
La date de début d'activité
Le régime fiscal choisi (micro-BIC ou régime réel)
Chaque année, vous devez déclarer vos revenus locatifs auprès du Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR), basé à Noisy-le-Grand. Les formulaires à remplir :
Formulaire 2042 : déclaration de revenus principale
Formulaire 2042-C-PRO : revenus des professions non salariées (BIC)
Liasse fiscale 2031 + annexes : si régime réel (à transmettre par votre expert-comptable)
La déclaration se fait en ligne sur impots.gouv.fr, espace "Particulier non-résident". Les dates limites sont généralement décalées de quelques semaines par rapport aux résidents.
Depuis le 1er janvier 2019, la désignation d'un représentant fiscal n'est plus obligatoire pour les résidents de l'UE, de l'EEE et de certains pays ayant signé une convention d'assistance administrative avec la France.
Pour les résidents d'autres pays, un représentant fiscal accrédité reste exigé. Son rôle : servir d'interlocuteur avec l'administration fiscale française et se porter garant du paiement de l'impôt. Coût annuel : entre 500 et 1 500 euros selon le prestataire.
Tout loueur en meublé est redevable de la CFE, y compris les non-résidents. Le montant dépend de la commune de localisation du bien et de la valeur locative cadastrale. Comptez entre 200 et 1 500 euros par an selon la ville. La CFE est due chaque année avant le 15 décembre.
L'alternative au LMNP est la location nue (non meublée), dont les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Les deux régimes ont des différences fondamentales pour un non-résident.
Critère | LMNP (meublé) | Location nue |
Catégorie fiscale | BIC | Revenus fonciers |
Abattement forfaitaire | 50 % (micro-BIC) | 30 % (micro-foncier) |
Amortissement du bien | Oui
(régime réel) | Non |
Report du déficit | Sur les BIC meublés (10 ans) | Sur les revenus fonciers (10 ans) |
Loyer moyen | +15 à 30 % vs location nue | Référence |
Flexibilité du bail | 1 an (9 mois étudiant) | 3 ans minimum |
Pour un non-résident investisseur, le LMNP au régime réel est presque toujours plus avantageux. L'amortissement du bien - absent en location nue - change radicalement l'équation fiscale. Ajoutez des loyers plus élevés en meublé (+15 à 30 % en moyenne) et une flexibilité accrue du bail, et le choix est clair dans la majorité des situations.
L'exception : si vous détenez déjà un bien loué nu avec un bail en cours, la transition vers le meublé nécessite d'attendre la fin du bail ou un changement de locataire. Le passage de nu à meublé en cours de bail n'est pas possible sans l'accord du locataire.
1. Privilégier le régime réel dès le premier euro
Avec un taux minimum de 20 %, chaque euro de revenu imposable coûte au minimum 0,20 euro d'impôt (+ prélèvements sociaux). L'amortissement au régime réel permet de réduire drastiquement - voire d'annuler - ce revenu imposable. L'investissement dans un expert-comptable spécialisé LMNP (300 à 600 euros/an) est rentabilisé dès que vos loyers dépassent 3 000 euros annuels.
2. Optimiser les prélèvements sociaux
Si vous résidez dans un pays de l'UE, de l'EEE ou en Suisse, vous bénéficiez du taux réduit de 7,5 %. Conservez précieusement votre attestation d'affiliation à un régime de sécurité sociale de votre pays de résidence. C'est ce document qui justifie l'application du taux réduit auprès de l'administration fiscale française.
3. Anticiper la revente : la plus-value des particuliers
En LMNP, la plus-value de revente est soumise au régime des plus-values des particuliers (et non des plus-values professionnelles). Abattement pour durée de détention : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans.
Point clé pour les non-résidents : la plus-value immobilière est soumise à un prélèvement de 19 % (+ prélèvements sociaux). Si vous êtes résident d'un État non coopératif, le taux passe à 75 %. Vérifiez la liste des États non coopératifs avant toute transaction.
L'investissement en location meublée depuis l'étranger est parfaitement réalisable, mais nécessite une organisation spécifique. Les étapes clés :
Trouver le bien : la recherche peut se faire en ligne. Les plateformes spécialisées dans l'investissement locatif comme Trackstone proposent des biens déjà loués avec locataire en place, ce qui élimine le risque de vacance initiale et les délais de mise en location. Pour un investisseur à distance, c'est un gain de temps significatif.
Financer l'acquisition : les banques françaises prêtent aux non-résidents, avec des conditions spécifiques (apport de 20 à 40 %, taux majoré). Consultez notre guide sur le crédit immobilier expatrié pour les détails.
Meubler le logement : si le bien n'est pas déjà meublé, des entreprises proposent des packs d'ameublement conformes au décret pour 2 000 à 5 000 euros selon la surface. Certains services incluent la livraison et l'installation.
Déléguer la gestion : un mandat de gestion locative confié à une agence ou un gestionnaire permet de gérer la location entièrement à distance. Coût : 6 à 10 % des loyers encaissés. La gestion locative pour expatriés inclut généralement la recherche de locataires, l'état des lieux, l'encaissement des loyers et la gestion des travaux.
Déléguer la comptabilité : un expert-comptable spécialisé en LMNP gère la liasse fiscale, la déclaration 2042-C-PRO et l'optimisation de l'amortissement. Choisissez un cabinet qui connaît les spécificités des non-résidents.
À retenir: Le statut LMNP non résident est l'un des dispositifs les plus efficaces pour investir dans l'immobilier en France depuis l'étranger. Au régime réel, l'amortissement permet souvent de ne payer aucun impôt pendant 8 à 12 ans. La réforme 2026 du seuil LMP sécurise les expatriés salariés. Clés du succès : un expert-comptable spécialisé, le bon régime fiscal dès le départ, et une gestion locative déléguée pour gérer le bien à distance.