
Travaux, taxe foncière, impayés : tout est à la charge du locataire. Passez au bail commercial 3-6-9.
Voir les locaux commerciauxAcheter un DPE F ou un DPE G en 2026, c'est l'opération du siècle ou le ticket d'entrée vers un gouffre financier ? Tout dépend de votre profil, du bien visé et de votre capacité à faire les bons calculs avant la signature.
A retenir :
Acheter une passoire thermique (DPE F ou G) reste un bon investissement en 2026, à condition de négocier 15 à 25 % sous le marché, de provisionner 30 000 à 60 000 € de travaux et de viser au minimum la classe D après rénovation.
Le risque réel ne vient pas du diagnostic, mais des biens infrénovables (copropriété bloquante, structure, contraintes architecturales) et de la sous-estimation chronique des chantiers. Appliquer un coefficient 1,3 sur les devis est la marge de sécurité standard des investisseurs aguerris.
On vous explique, scénario par scénario, avec des chiffres concrets et la matrice de décision que les investisseurs expérimentés appliquent.
Selon l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE), 5,2 millions de résidences principales étaient classées F ou G au 1er janvier 2024, soit 17 % du parc résidentiel français. Sur ce volume, environ 1,8 million de logements sont classés G, les premiers visés par les interdictions de location.
Cette masse critique change tout pour l'acheteur. Là où une passoire thermique était autrefois une exception sur le marché, elle représente aujourd'hui près d'un bien sur cinq mis en vente dans certaines zones tendues. Paris intra-muros, Lyon centre, Bordeaux et les villes universitaires concentrent les volumes les plus importants, avec des bâtiments construits avant 1975 et jamais rénovés thermiquement.
Pour un investisseur méthodique, cela signifie une offre abondante et un pouvoir de négociation réel. Le vendeur d'une passoire thermique en 2026 sait qu'il joue contre la montre.
Les notaires de France publient chaque trimestre l'écart de prix entre les classes énergétiques. En 2025, la décote moyenne d'un logement classé F par rapport à un D équivalent s'établit autour de 11 % en maison individuelle et de 7 % en appartement. Pour un DPE G, l'écart grimpe à 15 à 20 % selon la zone géographique.
Ces moyennes masquent des réalités plus contrastées. Dans les zones où la pression locative est forte, la décote effective peut dépasser 25 % sur les biens dont la commercialisation traîne. À l'inverse, sur les marchés très tendus (Paris centre, littoral PACA), la décote reste modeste car la rareté du bien neutralise partiellement la pénalité énergétique.
La règle pratique pour un achat passoire thermique en investissement consiste à viser une négociation à 15 % minimum sous le prix d'un bien équivalent en DPE D. En dessous, l'opération devient mathématiquement compliquée à rentabiliser après travaux.
Le marché des passoires thermiques se segmente en quatre profils d'acquéreurs distincts, chacun avec une stratégie spécifique :
Le marchand de biens : achète, rénove en 4 à 8 mois et revend. Cherche une marge brute de 15 à 25 % après travaux.
L'investisseur locatif long terme : achète pour louer après rénovation. Vise une rentabilité brute supérieure à 6 % et compte sur la décote pour booster son rendement.
Le primo-accédant patient : achète sa résidence principale en passoire thermique pour accéder à un quartier inaccessible autrement. Étale les travaux sur 3 à 5 ans.
Le spéculateur foncier : achète sans intention immédiate de rénover, mise sur la valorisation du foncier ou attend une opportunité de revente partielle (division parcellaire, surélévation).
Chaque profil n'a pas les mêmes seuils de rentabilité ni les mêmes risques. Un primo-accédant peut accepter une opération qu'un marchand de biens refuserait, et inversement. Identifier votre profil est la première étape avant de se positionner sur un bien classé F ou G.
L'environnement réglementaire a profondément changé entre 2022 et 2026. Acheter une passoire thermique aujourd'hui ne ressemble plus à l'opération d'il y a cinq ans. La loi Climat et Résilience de 2021 et ses décrets successifs ont créé un calendrier d'obligations que tout acquéreur doit maîtriser.
Pour le détail mois par mois et année par année des interdictions de location et de vente, consultez notre calendrier complet des interdictions DPE jusqu'en 2034. Cet article se concentre sur les conséquences directes pour l'acheteur en 2026.
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location dans le cadre d'un nouveau bail. L'achat maison DPE G obligation travaux n'existe pas en tant que telle au moment de la signature, mais les conséquences sont immédiates si vous comptez louer le bien.
Concrètement, si vous achetez un DPE G en 2026 avec un projet locatif :
Bail en cours au moment de l'achat : le bail se poursuit normalement, vous pouvez continuer à percevoir les loyers jusqu'à la fin du contrat.
Pas de bail au moment de l'achat ou bail qui se termine : interdiction d'établir un nouveau bail tant que le bien reste classé G. Les travaux deviennent obligatoires si vous voulez louer.
Renouvellement de bail : les règles diffèrent selon que le bail est tacitement reconduit ou explicitement renouvelé. La jurisprudence se précise progressivement sur ce point.
Pour la vente d'un DPE G, depuis avril 2023, un audit énergétique réglementaire est obligatoirement remis à l'acquéreur. Il détaille deux scénarios de travaux pour atteindre au minimum la classe E, puis la classe B. Ce document devient votre principal outil de négociation.
L'achat maison DPE F obligation travaux suit une logique similaire mais avec une échéance différente. À partir du 1er janvier 2028, les logements classés F seront à leur tour interdits à la location pour les nouveaux baux. Vous avez donc une fenêtre de moins de deux ans à partir de 2026 pour rénover si vous achetez avec un objectif locatif.
Cette échéance crée une pression temporelle réelle. Les délais moyens d'une rénovation énergétique complète atteignent 10 à 14 mois entre la signature des devis, l'obtention des aides, la coordination des artisans et la réception des travaux. Si vous achetez en milieu d'année 2026, le calendrier devient serré pour louer dès 2028 dans un bien remonté en classe E ou D.
Pour les biens en copropriété, la difficulté se cumule. Les travaux d'isolation par l'extérieur ou la rénovation des parties communes nécessitent un vote en assemblée générale et l'accord des copropriétaires. Comptez 12 à 24 mois supplémentaires dans les copropriétés fragiles ou peu mobilisées.
Depuis le 1er avril 2023, l'audit énergétique réglementaire est obligatoire pour la vente d'un bien classé F ou G en France métropolitaine (et depuis 2024 pour les DOM). Ce document, distinct du DPE, est fourni par le vendeur et présenté à l'acquéreur dès la première visite.
Pour l'acheteur, l'audit énergétique est une mine d'informations qu'il faut savoir lire :
Estimation chiffrée des travaux pour atteindre les classes intermédiaires (E, D) puis basses (B). Ces estimations restent indicatives mais donnent un ordre de grandeur fiable.
Identification des points faibles du bâti : isolation, ventilation, chauffage, eau chaude sanitaire.
Liste des aides mobilisables par bouquet de travaux, avec une estimation du reste à charge.
Calcul du gain énergétique attendu exprimé en kWh/m²/an et en euros sur la facture.
Pour bien interpréter le diagnostic remis, lisez aussi notre guide pour lire et comprendre votre DPE. La durée de validité du DPE est également un point à vérifier : un diagnostic réalisé avant juillet 2021 sous l'ancienne méthode n'est plus opposable.
La négociation d'un achat bien immo DPE F ou DPE G repose sur trois leviers chiffrés. Premier levier, la décote théorique issue des données notariales : 11 à 15 % pour un F, 15 à 20 % pour un G par rapport à un D équivalent. Deuxième levier, le coût réel des travaux documenté par l'audit énergétique. Troisième levier, le coût d'opportunité du temps : 12 à 24 mois de chantier pendant lesquels le bien ne génère aucun revenu locatif.
La règle pratique : additionnez la décote du marché, 50 % du coût des travaux estimés et un mois de loyer perdu pour chaque trimestre de chantier prévu. Vous obtenez votre seuil de négociation maximal acceptable. En dessous de ce prix, vous achetez bien. Au-dessus, l'opération devient marginale.
Sur un appartement parisien classé F estimé 480 000 € en équivalent D, avec 45 000 € de travaux et 8 mois de chantier, le seuil d'achat acceptable se situe autour de 410 000 à 420 000 €. Tout achat au-dessus de 425 000 € transforme la rentabilité en pari hasardeux.
Les coûts de rénovation énergétique varient selon la surface, l'état du bâti et la classe cible. Voici les fourchettes constatées en 2025-2026 sur un échantillon de chantiers réels :
Saut de classe visé | Maison 100 m² | Appartement 60 m² | Travaux types |
G vers E | 25 000 - 40 000 € | 15 000 - 25 000 € | Isolation combles + chaudière + double vitrage |
G vers D | 40 000 - 60 000 € | 25 000 - 40 000 € | Précédent + isolation murs + VMC double flux |
F vers D | 30 000 - 50 000 € | 18 000 - 32 000 € | Isolation + pompe à chaleur + menuiseries |
F vers C | 55 000 - 85 000 € | 35 000 - 55 000 € | Rénovation globale BBC compatible |
Ces fourchettes intègrent la main d'œuvre et les matériaux mais excluent les coûts annexes (déménagement temporaire, surcoûts de site difficile, dépose d'amiante éventuelle). Pour un investisseur, le bon réflexe consiste à appliquer un coefficient multiplicateur de 1,3 sur les devis initiaux. Les imprévus de chantier représentent en moyenne 20 à 30 % de surcoût sur une rénovation énergétique complète.
Pour les méthodes concrètes de rénovation, consultez notre guide complet pour améliorer le DPE de votre logement.

Les aides à la rénovation énergétique restent l'un des arguments forts en faveur de l'achat passoire thermique investissement. En 2026, le dispositif s'est complexifié mais les montants disponibles atteignent des sommets historiques pour les rénovations globales.
Le parcours accompagné MaPrimeRénov' est devenu l'aide phare pour les rénovations énergétiques d'ampleur. Pour un saut de deux classes minimum (par exemple F vers D) avec audit obligatoire, les plafonds atteignent 70 000 € de travaux subventionnés, avec un taux d'aide de 30 à 90 % selon les revenus. Pour un ménage modeste, le reste à charge peut tomber à 10 % du coût total.
L'éco-PTZ permet de financer jusqu'à 50 000 € de travaux à taux zéro sur 20 ans pour une rénovation globale. Cette enveloppe se cumule avec MaPrimeRénov' et permet de lisser le reste à charge sans toucher à votre épargne.
Les certificats d'économie d'énergie (CEE) ajoutent 1 500 à 5 000 € selon les bouquets de travaux. Enfin, la TVA réduite à 5,5 % s'applique sur la quasi-totalité des travaux d'amélioration énergétique réalisés par un artisan RGE, contre 20 % en standard. Sur un chantier de 50 000 €, l'économie de TVA atteint 7 250 €.
Attention au calendrier d'attribution : entre le dépôt du dossier MaPrimeRénov' et le versement effectif, comptez 4 à 8 mois en 2025-2026. Ce délai impose une trésorerie d'avance, ce qui pénalise les investisseurs qui financent la rénovation sur fonds propres limités.
Pour rendre la décision concrète, prenons un cas type : un appartement de 60 m² classé F à Lyon, valeur de marché en équivalent D estimée à 320 000 €. Voici comment trois investisseurs aux profils différents traitent le même bien.

Le marchand de biens cherche une marge brute en 6 à 9 mois maximum. Sa logique repose sur trois variables : prix d'achat décoté, coût travaux maîtrisé, prix de revente après remise en classe D.
Prix d'achat négocié : 265 000 € (décote de 17 % vs équivalent D)
Travaux F vers D : 32 000 € (coefficient 1,3 inclus)
Frais de notaire et financement : 22 000 €
Aides récupérées : 4 000 € (CEE + bonus rénovation)
Coût de revient total : 315 000 €
Prix de revente atteint : 335 000 € (légère prime sur le marché D pour un bien fraîchement rénové)
Marge brute : 20 000 € soit 6,3 % en 8 mois
Le verdict est sans appel sur ce scénario : la marge ne paie pas le risque. Sur un projet d'achat-revente classique en 2026, la passoire thermique est rarement le terrain de jeu idéal du marchand de biens, sauf décote exceptionnelle (au-delà de 25 %) ou plus-value de localisation forte.
L'investisseur locatif raisonne sur 15 à 20 ans, ce qui change radicalement la donne. Sa rentabilité intègre économies d'aides, plus-value latente et flux locatifs.
Prix d'achat négocié : 265 000 €
Travaux F vers C (visant pérennité jusqu'en 2034) : 52 000 €
Frais de notaire et financement : 22 000 €
Aides récupérées (MaPrimeRénov' Parcours Accompagné + éco-PTZ + CEE) : 16 000 €
Investissement net : 323 000 €
Loyer mensuel après rénovation : 1 250 € (vs 950 € en F)
Rentabilité brute annuelle : 4,6 %
Plus-value latente à 10 ans (hors inflation) : +22 % vs valeur d'achat
Sur ce profil, l'opération devient très favorable. La rénovation augmente le loyer plafond, ouvre la possibilité de louer (impossible en F après 2028), et préserve la valeur du bien à long terme. C'est le scénario le plus rentable et le moins risqué.
Le primo-accédant ou l'investisseur patient achète sans rénover immédiatement. La logique est différente : il capture la décote sur le prix d'achat et étale les travaux sur plusieurs années au gré de sa trésorerie.
Prix d'achat négocié : 265 000 €
Travaux étalés sur 4 ans : 50 000 € (coût total sur la période)
Frais de notaire et financement : 22 000 €
Aides récupérées au fil du temps : 14 000 €
Coût total étalé : 323 000 € (mais sur 4 ans)
Économie vs achat direct en D : environ 15 000 €
Pour une résidence principale, ce scénario est parfaitement viable. L'acheteur entre dans un quartier qui lui serait inaccessible en classe D, accepte un confort dégradé pendant 2 à 4 ans, puis remonte progressivement le bien. Pour un investisseur pur, ce scénario est moins pertinent : la perte locative pendant la phase de rénovation pèse sur la rentabilité.
L'erreur la plus coûteuse en 2026 reste de prendre les estimations d'audit énergétique au pied de la lettre. Les écarts entre devis initiaux et facture finale atteignent 20 à 30 % sur les rénovations énergétiques globales, selon plusieurs études de l'ADEME et de la FFB.
Les sources de surcoût les plus fréquentes :
Découvertes en chantier : amiante dans les colles, plomb dans les peintures anciennes, structures porteuses fragilisées par l'humidité.
Hausse des prix matériaux : sur 12 à 18 mois de chantier, les devis initiaux peuvent être révisés à la hausse.
Reprises non prévues : reprise d'électricité aux normes, plomberie hors d'âge, installation gaz à mettre en conformité.
Ajustements esthétiques : le propriétaire qui voit son chantier prend conscience que certaines reprises s'imposent.
Le coefficient 1,3 sur le devis initial est la marge de sécurité standard. Si les travaux sont évalués à 40 000 €, provisionnez 52 000 €. Si vous tombez sous le devis, c'est un gain. Si vous explosez le budget initial sans marge, c'est l'opération qui bascule.
Certaines passoires thermiques resteront passoires thermiques quoi qu'il arrive, ou à un coût prohibitif. Avant de signer un compromis, vérifiez systématiquement :
Copropriété bloquante : pour une isolation par l'extérieur, l'accord en assemblée générale est obligatoire. Dans une copropriété fragile (impayés, syndic absent, copropriétaires âgés), obtenir le vote peut prendre 3 à ans, voire être impossible.
Bâti ancien protégé : monument historique, secteur sauvegardé, périmètre des Bâtiments de France. L'ABF peut interdire l'isolation extérieure et imposer des solutions techniques 2 à 3 fois plus chères.
Structure compromise : maisons en pisé, en pierre meulière mal isolable, bâtiments avec ponts thermiques structurels. Atteindre la classe D devient techniquement très difficile.
Surfaces problématiques : très petites surfaces (moins de 25 m²) où l'épaisseur d'isolation grignote l'habitable, ou très grandes surfaces (plus de 200 m²) où le coût absolu explose.
Pour les biens locatifs, lisez aussi nos analyses détaillées DPE F : que faire et DPE G : que faire qui détaillent les solutions techniques selon les configurations.
Le calendrier d'une rénovation énergétique sur passoire thermique tient rarement les promesses initiales. Les délais réels constatés en 2025-2026 :
Recherche d'artisans RGE qualifiés : 1 à 3 mois selon la zone géographique. Dans les villes moyennes, les carnets de commandes sont saturés.
Audit énergétique préalable et devis détaillés : 4 à 8 semaines.
Dépôt et validation du dossier MaPrimeRénov' Parcours Accompagné : 3 à 6 mois.
Réalisation effective des travaux : 4 à 10 mois selon l'ampleur.
Réception et nouveau DPE : 1 à 2 mois.
Au total, comptez 12 à 24 mois entre la signature de l'achat et la mise en location effective d'un bien rénové. Pour un investisseur locatif, cela représente 15 000 à 30 000 € de loyers non perçus selon le bien. Cette période de carence doit être intégrée dans le calcul de rentabilité dès la phase de négociation.
Le DPE depuis 2021 affiche deux étiquettes : l'étiquette énergie (A à G) et l'étiquette climat (émissions CO2). Le classement final retient la plus mauvaise des deux. Cette subtilité est fréquemment ignorée par les acheteurs.
Concrètement, un logement avec une étiquette énergie D mais une étiquette climat F (chauffage au fioul ou gaz inefficient) sera classé F au DPE final. Le saut de classe énergétique seul ne suffira pas à sortir le bien du statut de passoire thermique. Il faudra obligatoirement changer le système de chauffage, ce qui ajoute 8 000 à 15 000 € au budget travaux.
Avant de vous positionner, demandez systématiquement les deux étiquettes du DPE et vérifiez quelle est la composante limitante. Si c'est l'étiquette climat, le coût de remontée en classe D dépasse souvent les estimations standard.
Avant tout achat d'une passoire thermique en 2026, passez le bien à la grille des sept critères suivants. Si trois critères ou plus sont au rouge, abandonnez l'opération.
La décote effective dépasse 15 % du prix marché en équivalent D. En dessous, la marge de sécurité disparaît.
L'audit énergétique identifie un scénario de travaux à coût raisonnable (moins de 700 € par m² pour atteindre la classe D).
Le bien n'est pas en copropriété fragile (au moins 80 % des charges payées dans l'année, syndic actif, dernière AG votant des travaux).
Aucune contrainte architecturale forte : pas de classement ABF, pas de monument historique, pas de servitude bloquant l'isolation extérieure.
La double étiquette DPE est cohérente : pas d'écart de plus de deux classes entre énergie et climat.
Le calendrier de mise en location ou revente est compatible avec les délais réels (12 à 24 mois après achat).
La trésorerie disponible couvre les travaux + 30 % de marge de sécurité, sans dépendre exclusivement du versement des aides.
Cette grille n'est pas exhaustive mais elle filtre 80 % des opérations qui finissent mal. Les investisseurs expérimentés l'appliquent systématiquement avant même de visiter un bien classé F ou G.
Tous les profils n'ont pas les mêmes seuils de rentabilité. Voici la matrice synthétique pour positionner votre projet d'achat passoire thermique en investissement selon votre situation :
Profil | DPE F en 2026 | DPE G en 2026 | Condition clé |
Résidence principale | Favorable | Mitigé | Décote 15 % minimum |
Investisseur locatif long terme | Très favorable | Favorable | Rénovation rapide vers D minimum |
Marchand de biens | Mitigé | Défavorable | Décote supérieure à 25 % |
Spéculateur foncier | Mitigé | Mitigé | Valeur du foncier prime sur DPE |
Bailleur déjà classé F/G | Défavorable | Défavorable | Privilégier la cession (voir vendre avec décote) |
Cette matrice doit être croisée avec les sept critères go/no-go pour valider l'opération. Un investisseur locatif dans un bien sans contraintes architecturales avec une décote de 18 % et des travaux à 600 €/m² est dans la zone idéale. Un marchand de biens sur un G en copropriété bloquante avec 12 % de décote ferait mieux de passer son chemin.
Acheter un DPE F ou G en 2026 reste une opération rentable, mais elle ne pardonne plus l'amateurisme. Le marché s'est sophistiqué, les vendeurs sont mieux informés, les délais réels de rénovation s'allongent et les aides exigent une trésorerie d'avance que tous les investisseurs n'ont pas.
Les opérations qui marchent en 2026 partagent trois caractéristiques. D'abord, une décote négociée à 15-25 % sous le marché D, au-delà du simple barème notarial. Ensuite, un bien techniquement rénovable sans contrainte ABF, sans copropriété bloquante, sans surprise structurelle majeure. Enfin, un profil acquéreur aligné avec l'horizon : investisseur locatif long terme ou résidence principale, plutôt que marchand de biens cherchant une marge rapide.
Pour aller plus loin, lisez aussi notre analyse de l'interdiction de location pour les DPE F qui détaille les implications spécifiques pour les bailleurs déjà en passoire thermique.